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Un Paradis pourtant bien nuageux...
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Louu'


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Taureau (20avr-20mai) Féminin

MessagePosté le: Mar 17 Sep - 17:37 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Ces deux chapitres sont vraiment géniale ^^. C'est triste pour eux Sad. Je me demande ce que sera la suite n___n
_________________
~La chute n'est pas un échec.
~L'échec c'est de resté là ou on est tombé.


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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 17:37 (2013)    Sujet du message: Publicité

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angelice1505


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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 19:27 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Merci beaucoup Very Happy 
Je vous poste la suite du chap 2 donc tu vas bien voir Wink


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angelice1505


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MessagePosté le: Mar 17 Sep - 19:29 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Suite du chap 2 Wink




Nevermind, I’ll find someone like you.
I wish nothing but the best for you too.
Don’t forget me, I beg
I remember you said :
« Sometimes it lasts in love
But sometimes it hurts Instead »
Sometimes it lasts in love
But sometimes it hurts instead

Dès les premières notes de Someone like you, d’Adèle, je m’arrache à ma couette et me dirige comme un zombie jusqu’à mon bureau, où est posé mon téléphone portable. Un brin d’espoir s’anime en moi quand je vois la photo de Dave apparaître à l’écran. Peut-être se sont-ils trompés de corps, et que Dave a juste eu un empêchement… ? Je reviens vite à la réalité, en commençant déjà par décrocher le téléphone.
- Allo ?
Je m’attends à n’avoir personne au bout du fil ( même si c’est un téléphone portable et qu’il n’y en a donc pas… ), mais la voix de Madame Ryder retentit dans l’appareil :
- Mélia ?
Elle n’attend pas de réponse pour continuer.
- Nous voulions t’appeler sur le téléphone fixe, mais tu n’as pas répondu.
- Je n’ai pas dû entendre, je suis dans ma chambre et le téléphone est en bas.
Excuse bidon. Je n’avais pas voulu bougé mon petit derrière, c’est tout. Je ne sors pas de ma chambre depuis sa mort… juste pour des besoins évidents comme manger et aller aux toilettes.
 - Oh. Donc j’ai pris le téléphone de Dave pour… enfin voilà, conclut-elle sèchement.
- Je comprends.
Un silence éloquent s’installe. Nous sommes gênées.
- Tu vas bien ?
Je manque de m’étrangler. Mon petit ami est mort il y a deux jours, et aujourd’hui il aurait dû fêter ses dix-huit ans. Je ne réponds pas. Je comprends alors que ma mère a dû lui parler de mon état. Un état de « choc » selon elle… je suis juste anéantie. C’est aussi simple que ça. Simple comme bonjour. Pourquoi personne ne le comprend ?! Pourquoi tout le monde retourne à ses activités habituelles, banales, alors qu’un camarade, un ami ou plus est mort ?! En y pensant, les larmes me montent aux yeux. Ils sont à présent embués de larmes. Des larmes qui ne cessent pas de couler depuis deux jours. Mon stock devrait déjà être épuisé. J’aurai pu abreuver une ville entière !
- Je vois… c’est idiot. Je ne vais pas bien non plus, continue-t-elle.
- Je reste enfermée dans ma chambre, dans ma petite bulle, persuadée que les photos et souvenirs de Dave qui sont dedans le feront revivre… et vous ?, finis-je par demander quand ma voix se brise.
Déballer tout cela me fait du bien, mais je regrette déjà tout une fois que les mots franchissent mes lèvres.
- Je…
- Vous n’êtes pas obligée de répondre, m’empressé-je d’ajouter, brièvement confuse.
- Merci. C’est trop dur d’en parler pour le moment.
Nouveau silence.
- Je t’appelais pour te donner les horaires où tu pourras dire au revoir à Dave…
- Bien. Il est à la… ?
Je n’ai pas le courage de terminer ma phrase. J’avale ma salive.
- Non. Il est dans sa chambre. Nous avons fait le nécessaire pour qu’il y reste jusqu’à la cérémonie.
- Merci.
- Donc… tu peux venir le voir à partir de 19 h 00 tout à l’heure. Avant, c’est notre tour, à nous et à tout notre entourage, notre famille…, tente-t-elle d’expliquer.
- Je comprends, acquiescé-je, bien qu’elle ne puisse pas le voir.
- Tu es libre de faire ton choix. De venir ou pas. La cérémonie est à 10 h 00 à l’église Saint-Gildas. L’incinération se fera à midi… Tu pourras dire quelques mots si tu le souhaites, un temps de parole lui sera consacré. Des souvenirs, des anecdotes, un au revoir… tout ce que tu veux.
- Merci. Je verrais, réponds-je simplement.
Je ne suis pas assez courageuse. C’est trop dur.

Il est 21 h 17. Je m’apprête à me coucher. Mon rythme est très perturbé : je ne veux pas aller sur la plage, ni me promener, ni regarder la télévision. Je reste coupée du monde. Je préfère me contenter de mon lit et de mon pyjama, que je ne quitte plus. 
Je pense à Dave… je réalise soudainement que j’ai laissé filer ma dernière chance de le voir, de lui dire « un au revoir », comme dit sa mère. Mais il est 21 h 17, c’est trop tard. J’y réfléchis quelques minutes.
 « Il est dans sa chambre. Nous avons fait le nécessaire pour qu’il y reste jusqu’à la cérémonie. »
A se demander si elle a voulu me faire passer un message… en tout cas, si ç’en est un,  il est bien passé !

Je lis 22 h 02 à ma montre. Les parents de Dave doivent être devant une émission ou un documentaire animalier, comme à leur habitude. La chambre de Dave est noire. Personne n’est dedans, à lui faire ses adieux. Ce serait très gênant si j’interrompais un moment pareil ! Le ciel est dégagé, et ce depuis maintenant plus d’une semaine, j’aperçois donc la lune. Sa lumière m’aide à voir où je mets les pieds, et le fin filet noir qu’est la nuit me protège des regards méfiants.
Je m’appuie sur la pile de tuyaux d’arrosage, m’accroche à la gouttière comme je l’ai si souvent fait, et je m’agrippe au balcon de la chambre. Comme je l’espérai, Monsieur et Madame Ryder n’ont pas touché à la fenêtre. Elle est légèrement entrouverte. Peut-être que la mère de Dave, qui souffre de fréquentes insomnies – la pauvre, la mort de son fils n’a dû rien arranger – savait que je m’introduisait dans sa chambre, et que nous nous endormions l’un contre l’autre. Mon cœur se serre. Jamais plus je ne pourrais refaire ça, sentir son étreinte rassurante, ses lèvres chaudes, douces et merveilleuses.
Je pousse discrètement la fenêtre, après avoir inspecter l’intérieur de la pièce et m’être assurée que personne n’est là.
J’appréhende de voir Dave… mais il le faut. Je l’aime. Et si je ne lui fais pas mes adieux… ou plutôt un au revoir, je m’en voudrais toute ma vie !
Je saute sans un bruit sur le parquet de la chambre. La pièce est glacée et sombre. Je n’avais jamais remarqué avant maintenant l’obscurité effrayante du lieu. Mes yeux se portent sur le lit de Dave. Il est là. Je comprends subitement d’où vient d’absence de chaleur : la plaque froide. Elle est nécessaire à la conservation du… Bref.
Mon regard remonte. Dave. Mon Dave… Il a l’air serein et apaisé. Sa beauté me fait frissonner. Même mort, il est magnifique. Mon visage se trempe., et je suis soulagée.
Ses cheveux, d’un noir profond, n’ont pas changés. Ils ont toujours cet aspect ébouriffé, qui m’instaure l’irrésistible désir d’y fourrer mes doigts. Ses yeux, clos – bien heureusement – arrivent toujours à m’emporter. J’imagine leur bleu étincelant, le bleu de l’océan dans lequel il est mort. A cette pensée, je me crispe. Sa bouche, délicatement dessinée, me donne immédiatement envie de retrouver leur contact, les doux baisers de Dave, la chaleur de ses lèvres et de son étreinte.
Je lui prends la main, toute bouleversée. Elle est gelée. Dure comme pierre. La réalité me heurte de nouveau. Il est bien mort. D’une quelconque façon, j’espérais que c’était faux, et qu’en le voyant, je remarquerai tout de suite ce que personne n’avait remarqué. Mais l’espoir n’est plus au rendez-vous. Je le sais. C’est fini…
Je presse mes lèvres contre celles de Dave. Je me rends compte une seconde plus tard de ce que je suis en train de faire.
- Oh mon Dieu ! J’embrasse un mort !, murmuré-je pour moi-même.
J’en suis toute retournée. Je recule violemment et me cogne dans un meuble. J’étouffe un cri. Je ne devrai pas être ici. C’est mal. Je manque de m’évanouir. Il me faut de l‘air. J’ouvre un peu plus la fenêtre. Le temps est chaud et lourd. Faire rentrer le vent n’arrangera rien, même à cette heure là.
Je repose mes yeux sur lui. On dirait une statut. Une statut de pierre. Je remarque l’odeur. Elle est… c’est l’odeur de la mort. J’ai un haut-le-cœur. J’ai embrassé un cadavre, comme je l’aurai embrassé lui, vivant. C’est un sacrilège. Entrer chez les gens sans leur permission l’est aussi…
Les larmes redoublent.
Au pire, je n’ai plus rien à perdre.
Je pousse la plaque froide à l’autre bout du lit deux personnes de Dave, et m’allonge à ses côtés. J’empeste la peur, mais je dois le faire. Je ne fait plus attention à la froideur de son corps, et pleure sur son torse. Je m’endors la tête sur son épaule, comme autrefois. Je t’aime Dave, et je t’aimerai toujours…

***


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Louu'


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Taureau (20avr-20mai) Féminin

MessagePosté le: Mer 18 Sep - 15:04 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Sa me donne les larmes aux yeux >___< . C'est mignon ce qu'elle fait Mélia :3
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angelice1505


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MessagePosté le: Jeu 19 Sep - 19:34 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Hihi je me sens flattée Wink 
La suite... tout de suite ! Wink


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angelice1505


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MessagePosté le: Jeu 19 Sep - 19:47 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

- Mademoiselle ?
- Tu crois qu’elle est morte ? u’une nouvelle version de Roméo et Juliette va sortir ?
Les voix me paraissent étouffées.
- Madame Ryder ! Venez s’il vous plaît !
Je suis tellement bien… J’ai beau être frigorifiée, je me sens à ma place. Mais… pourquoi appelle-t-on la mère de mon Dave ?
- Mélia !
Je me redresse aussitôt. Le soleil inonde la pièce, je suis vite éblouie.
- Il est 8 h 10 Mélia, tu devrais rentrer… Tu as dormi là ?
- Euh… oui.
Je me frotte les yeux. Je m’appuie sur… de la pierre il me semble, pour me relever. Madame Ryder fait une drôle de tête, elle paraît blessée. Elle retient sa respiration. Je jette un œil à la pierre… qui n’en ai pas une. C’est Dave. Mon coude est appuyer sur son cou.
Une envie de rire me prend, je tente de la refouler. Mais à quoi bon ? J’éclate d’un rire haut et méprisant, avant de me rendre compte de mon acte, et d’éclater, cette fois en pleurs. Mélia qui rit, Mélia qui pleure !
La mère de Dave s’approche et me prend par le bras, je m’accroche à elle.
- Je, je suis désolée !, sangloté-je bêtement.
- Chut… ce n’est rien ma chérie, c’est nerveux…
Elle a l’air tout aussi remué que moi. Je vois soudain les traits de son âge, la tristesse les a révélés ( et toutes les crèmes ou le maquillage du monde ne pourrait rien y faire, pas même le camoufler rien qu’un peu ).
- Tu veux boire quelque chose ?
- Non… non merci. Il faut que j’aille me préparer, avoué-je en observant mes vêtements.
Haut de pyjama à rayures bleues et short version panthère bleue. Je dois être ridicule. Je me maudis d’être sortie comme ça…
 
L’incinération va avoir lieu. Ses parents ont choisi cette option afin qu’il soit où il aimait être… Sa mère a appelé. Elle m’a demandé si je voulais garder des cendres. Elle savait à quel point nous nous aimions… Elle a ajouté qu’elle me laissait réfléchir quelques jours. Je n’ai pas besoin de ce délai. Je veux. Je veux qu’il soit près de moi à chaque instant de ma vie.
Je regarde les gens passer devant moi. La cérémonie à l’église était très émouvante. Certains et certaines élèves étaient présents, mais la plupart se sont fait portés absents… La majeur partie des « populaires », rang duquel faisait parti Dave, s’en fichait probablement. Ils ne sont pas venus…  La roue de la popularité. Bientôt, quelqu’un prendra la place qu’il occupait. La chaîne fonctionne ainsi. Ceux qui l’adoraient comme un dieu n’étaient pas sincères. Les populaires en général ne l’étaient pas. Lui, était différent. Différent des autres. Différent en tout point. Je prie en silence pour qu’où qu’il soit, cette différence perdure. Qu’il se soit trouvé un lieu qui lui correspond, un lieu aussi bon que lui.
Je suis rentrée chez moi à 8 h 30 ce matin. J’ai dû me dépêcher pour me préparer. J’ai décidé de ne pas m’habiller en noir, qu’il y en aurait déjà trop. Je porte ma robe prune… je suis exactement pareille que le jour de sa mort. Il n’a pas eu l’occasion de me voir ce jour là. C’est le moment de réparer cette erreur.
Le mascara a coulé. Et alors ? Je m’en fiche. Dave n’était forcément pas proches de celles et ceux qui n’ont pas pleurés, c’est évident. Dave était formidable, exceptionnel et extraordinaire.


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Louu'


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Taureau (20avr-20mai) Féminin

MessagePosté le: Sam 21 Sep - 11:21 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Waaaah tu as un vrai talent d'écrivaine *-*
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angelice1505


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MessagePosté le: Sam 21 Sep - 11:41 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Merci beaaaaaucoup  Mr. Green  Je poste la fin du chap Wink

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angelice1505


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MessagePosté le: Sam 21 Sep - 11:45 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Bah finalement c'était la fin du chap Wink

Donc voici le début du chap 3 !!!!! Very Happy


Chapitre 3 : Dave.

Pendant qu’elle, elle pleure à chaudes larmes, lui, il s’envole vers d’autres cieux.

Tout le monde pleure. Je ne vois pas pourquoi. Je n’étais pas exceptionnel, je n’avais rien fait d’extraordinaire dans ma vie, je n’avais pas défendu tant de causes, de choses ou de personnes…
Je distingue de nombreux visages familiers. Le chignon brun de ma mère commence à tomber. Elle l’a remarqué, mais ne le refait pas. Mon père essuie une larme sur sa joue gauche, sans même s’assurer que personne n’a vu qu’elle s’est échappée. Je n’ai jamais vu mes parents dévastés, et ce n’est pas beau à voir… Ma mère a préféré ne pas se maquiller.
Alors, je la voie. Mélia a rarement été aussi belle. Elle n’est pas belle. Non, elle est magnifique, superbe, sublime… Elle porte un pendentif en argent en forme de cœur. Je lui ai acheté il y a un mois. J’ai également fait graver quelques mots sur le tour du pendentif : « Je t’aime Mélia, mon cœur t’appartient. Dave. »
Elle a pleuré quand je lui ai offert. Un moment magique dont je me souviendrai toute ma vie… Je souris tristement. Ou toute ma mort…
Je devine que Mélia est habillée comme elle aurait du l’être sur la plage, le jour de ma mort. Son teint légèrement bronzé s’accoutume parfaitement avec la couleur prune de son bustier. Son visage est encadré par de soyeux cheveux châtains mi-longs. Il n’y a pas un nœud dedans, j’en suis sûr. Ils étaient toujours parfaitement brossés, je me rappelle leur douceur quand j’enroulais leurs mèches entour de mes doigts. Je m’étais amusé à faire tout mon avant-bras comme ça, nous étions collés l’un l’autre, riant aux éclats. Son rire me manque. J’aimerai qu’elle rigole avant que je m’en aille pour de bon. Je sais malgré tout que c’est impossible. Elle est anéantie. Ca se lit sur son beau visage. Ce dernier est fin et bien dessiné. Sa peau est douce et laiteuse en hiver… Ses yeux sont deux gouttes de miel, succulentes à regarder. Je descends vers son nez. Son joli nez légèrement en trompette. Sa bouche fine et délicate… Elle va me manquer terriblement. Mélia… Son simple nom me rend heureux. Son mascara a dégouliné. Je sais qu’elle s’en fiche, mais je ne peux m’empêcher d’éprouver le désir de sécher les larmes de la main, d’essuyer les traces noires qui zèbrent son visage. Je l’observe amoureusement. Son corps se secoue. Elle est prise de spasmes, de convulsions. J’ai peur. Elle va mal, je dois l’aider.
J’observe l’Eglise du regard, personne ne se rend compte de sa détresse. J’aimerai descendre et la serré dans mes bras, ou au moins l’effleurer de la main. Malheureusement c’est impossible. Une force inconnue m’entraîne vers le haut, m’empêchant scrupuleusement de revenir au sol.
Je dois l’avouer, j’ai espéré un instant pouvoir rentrer dans mon corps d’humain. Mais ce brin, cette lueur d’espoir c’est envoler au moment où il a commencé à m’être impossible de retourner à terre. Un fil invisible, un aimant perceptible, veut de moi là-haut. Et rien ne peut s’y opposer. J’ai cette impression… bizarre, non ?
Là, en apesanteur, je réalise que ‘église est plutôt imposante. Je me sens plus petit et plus seul que jamais. C’est idiot parce qu’un certain nombre de personnes que j’aime sont ici. La bâtisse date que je-ne-sais-plus-quand, je l’ai appris en cours d’histoire, mais c’est rentré par une oreille et c’est sorti par l’autre ! La voix de monsieur Raffi résonne encore dans ma tête : « Monsieur Ryder, vous ne ferez rien de votre vie si votre n’écoutez pas un minimum en cours »
Rectification : Je ne ferai rien de ma vie si je meurt prématurément.
Conclusion : Je ne ferai rien de ma vie.
Les vitraux filtrent les rayons du soleil, qui réussissent à balayer « l’assistante ». Je reconnais quelques visages. Jasmine, belle et grande brune à la peau mat, avec qui je suis sorti. Nous avons rompu une dizaine de mois avant ma rencontre avec Mélia. Ryan… Ah ! Ry’ est mon meilleur ami, nous ne nous sommes jamais quittés, mis à part maintenant. De la maternelle à la terminale, nous étions collés comme les cinq doigts de la main. Je remarque quelques autres élèves du lycée, mais ils sont bien cachés au fond de la salle ( ou de l’église ).
Je repère ma famille toute entière, mes oncles, mes tantes, mes cousins-cousines… et bien sûr, Julia. Ma soeurette est en pleurs. Je meure ( haha… ) d’envie de la serrer contre moi et de lui dire que je vais bien. Même si c’est faux, savoir que je peux les observer la réconforterait un chouia. Julia a quatorze ans. Ses cheveux bruns s’agitent en tous sens, elle est prise des mêmes convulsions que Mélia quelques minutes plus tôt. Je me demande pourquoi ma sœur n’est pas avec mes parents.
Mélia rejoint ma sœur et lui passe un bras sur les épaules. Elles se serrent l’une contre l’autre, sans un mot. Leur pleurs sont comme un moyen de communication entre elles. Les yeux émeraudes reconnaissants de ma sœur se plongent dans ceux, miels, de ma petite amie. Mélia reprend ma sœur dans ses bras, en se mordant l’extrémité droite de sa lèvre.
En les observant – ses lèvres -, je pense à notre premier baiser. A quand la tendresse et la douceur de Mélia étaient entrées en moi et m’avaient noyées de l’intérieur… j’étais mort d’amour ! Comme quoi j’étais déjà mort noyé…
Ses lèvres avaient eu un goût salé ce jour là : nous venions de nous baigner. D’ailleurs le jour suivant, elles étaient sucrées : baume à lèvre goût cerise.
Nous nous promenions sur la plage, un beau coucher de soleil en perspective. Mélia avait frissonné, et comme dans tous les films, romans… etc, je lui avais prêté mon sweet - Toutes les filles en rêvent… Plage à sweet à coucher de soleil à baiser. Très cliché, mais elles adorent en général.
Le ciel s’était transformé, avait rosi, créant un superbe dégradé de rouge. Le soleil ( rose ), avait ensuite disparu. Le vent était tombé. Dès lors, il n’y avait plus eu que nous deux. Elle et moi. Ensemble. Je m’étais penché vers elle, et j’avais fermé les yeux. Magique. Seul mot qui m’était alors venu à l’esprit. Pour la première fois, - j’étais déjà sorti avec plusieurs filles – j’avais eu peur d’ouvrir les yeux. Peur que ce ne soit qu’un charme. Peur que Mélia voit que notre baiser me procurait des frissons.
Quand je les avais ouvert, j’avais découverts deux grandes perles de miels et deux joues qui rougissaient. Nous avions repris notre respiration ensemble, haletants. Plus tard, à travers de multiples baisers, nous avions trouvé notre rythme.

***


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Louu'


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MessagePosté le: Mer 25 Sep - 13:48 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Tu décris bien le tout, on à l'impression d'être là bas en tant que spectateur. Il y a peu de fautes, qui sont à peine visible, ce qui rend la lecture agréable ^^
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angelice1505


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MessagePosté le: Mer 25 Sep - 21:33 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Merciii beaucoup Louuu' Mr. Green

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angelice1505


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MessagePosté le: Jeu 26 Sep - 21:44 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Voici la fin du chap !!!



***

 C‘est assez étrange. De longs frissons me parcourent… ils ne devraient pas ! Je suis mort !
J’ai de plus en plus de mal à maintenir ma place, je gagne le ciel – en passant à travers l’église. Les visages disparaissent, les souvenirs vont devenir la seule et l’unique chose qu’il me restera. Comme les nuits passées dans l’herbe ou dans le sable avec Mélia. Les blagues, l’humour de Ry’. Les remarques « incongrues » en cours. Le sourire de Mélia, la douceur de ses lèvres salées après un petit plongeon dans l’eau… ça peu paraître – bon OK : ça paraît – très ngian ngian, mais le jour où vous aurez trouvé l’âme sœur, vous verrez ce dont je veux parler ! Les vacances en famille, mes parents et ma petite sœur.
Bien sûr, je serai heureux d’oublier certaines choses. La douleur qui irradie un membre au moment où vous tombez – ou que vous vous faites poussez intentionnellement par vos ennemis… Ah ! Thomas Laorn, toi je ne t’oublierai pas après tout ce que tu m’as fait subir ! La cinquième. Oui, j’oublierai bien mon année de cinquième. Composer était très bien vu – aussi bien par les profs que par les élèves - dans mon ancien collège. A mon arrivée en cinquième, j’ai fais comme en sixième. Je composais, je jouais… Oui, mais c’était différent. J’ai arrêté de compter le nombre de soda que je me suis pris dans la figure – à la manière de Glee – au cinquantième. Ces incidents m’ont conduits à arrêter de composer. Enfin, pas complètement… c’était mon secret. Un secret que Mélia m’a tout de suite fait avoué…
- Whaouh ! Génial ! Tu fais de la guitare ? J’ai toujours rêvé d’apprendre à jouer et ensuite de créer…, a-t-elle avoué.
Je m’étais senti vraiment déstabilisé. Et si les modes avaient changées ? Si je n’étais plus contrait de cacher ce plaisir ?
- Bah quoi ?!, s’est-elle étonnée.
J’avais tout raconté. Tout déballé. Je n’en avais jamais parlé à personne auparavant. J’avais toujours gardé ça pour moi.  

Mes yeux sont toujours rivés sur le sol. J’ai l’impression d’avoir quitté l’atmosphère, ce qui est faux bien sûr. L’église se résume vite à un petit point. Je ne le lâche pas, décidé à toujours veillé dans ma petite ville. Dans mon petit monde.

 Je suis dans un vide. Un vide que rien ne pourrait combler.
Perdu. C’est ce que je suis.
Tous ces gens qui me sourient, qui me serrent la main où me disent qu’ils en sont tous passés par là… Mais je ne comprends pas. Ici n’est pas ma place. Ma place, c’était mon autre vie. Celle qui n’existe plus et dont je suis censé avoir tout oublier.


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Louu'


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Taureau (20avr-20mai) Féminin

MessagePosté le: Ven 27 Sep - 17:04 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Super Fin de Chapitre Very Happy Vivement la suite ^^
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angelice1505


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MessagePosté le: Ven 27 Sep - 17:41 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

Merciii Very Happy Bientôt la suite : j'ai écrit en perm Wink

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angelice1505


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MessagePosté le: Dim 6 Oct - 21:50 (2013)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux... Répondre en citant

- Chapitre 4 : Mélia.

Pendant que lui, il découvre, elle, elle redécouvre.



Mon corps scintille dans l’eau transparente. Elle filtre les rayons du soleil et les renvoie sur moi. Quelques éclats de rire me parviennent. J’entends Nours – ma meilleure amie – m’appeler. Un autre voix, que je reconnais presque aussitôt, m’interpelle. C’est Ry’, sa voix m’est facilement reconnaissable.
- Hé ! Méli’ l’épi ! Reviens…
Mes deux amis rient de plus belle. Je m’éloigne de plusieurs brasses, légèrement vexée.
Ce surnom date d’une soirée chez Nours où… hum, comment dire ? Par mesure de sécurité, nous avions tous dormi sur place. Le lendemain matin – aux environs de midi – un épi plutôt têtu ornait le haut de mon crane. « Méli’ l’épi » venait de là…
Leur ton n’est pas très amical. Je regrette un peu d’être venue. La seule chose plaisante est l’eau. Elle m’apaise et me délasse. Mais je me tends à nouveau :
- Méli’ l’épi, Méli’ l’épi !, entonnent-ils.
Ils n’auraient jamais remis le sujet sur le tapis si… Oui, si Dave était là.
L’eau me paraît trouble. Je m’agite dans l’eau. Mes membres ne brillent plus. Ils sont ternes et presque sans vie.
Leurs rires ne cessent pas, je me demande même s’ils ne sont pas en train de redoubler. Je vois apparaître deux visages légèrement brunis par les rayons du soleil.
Un choix s’impose. L’eau trouble ou mes faux amis ? J’ai plus confiance en l’eau…
Je m’éloigne d’eux. Leur simple vision me fait fuir.
Quelque chose effleure ma cheville.
Je sursaute.
La chose s’y agrippe.
Je hurle.
Elle m’entraîne dans les profondeurs.
Je me retourne.

 
Je me réveille en sursaut dans mon lit. Mes joues sont mouillées. Encore. J’en ai assez de pleurer. P!nk s’époumone sur « So What » et j’appuie avec rage sur mon réveil pour le faire taire. Quelque part, pour la première fois de ma vie, j’éprouve une certaine gratitude envers lui. Il m’a sortit de ce cauchemar !

***


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:09 (2018)    Sujet du message: Un Paradis pourtant bien nuageux...

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